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Scooters à Taiwan : le lent réveil des constructeurs

mercredi 12 septembre 2007 , par asso-scooter , Ouarese

Kymco et Sym sont les représentants du scooter made in Taïwan. Coincés entre Chine et Japon, ils lorgnent vers le vieux continent pour se développer mais le réveil risque d’être douloureux s’il tarde trop. Gueule de bois assurée ?

Culture scooter en perte de vitesse

A Taïwan, le scooter fait partie de la culture. Avec un parc de 130 millions de véhicules pour seulement 23 millions d’habitants, le scooter est roi. Avec un tel rapport, Taïwan fait 4 fois plus qu’en Italie et 10 fois plus que la France.

Il faut dire que plusieurs facteurs favorisent le scooter. La superficie d’abord. Avec 36000km2, l’équivalent des Pays-Bas, le pays est petit et qu’avec 23 036 millions d’habitants, la densité de l’île est l’une des plus fortes au monde avec 630hab/ km2. La population est essentiellement urbaine, concentrée sur la côte occidentale sur un ruban nord-sud.
Cette même population est dans la force de l’âge, donc économiquement parlant en âge de consommer et à besoin de se déplacer. De plus, ce n’est que depuis 2002 que Taïwan a ouvert ses frontières aux deux roues de plus de 150cc.

Dans ces conditions, Kymco comme Sym se sont surtout orientés pour répondre à la demande locale vers un scooter léger et bon marché, essentiellement utilitaire et de cylindrée réduite. Il n’est pas rare de voir des familles entières sur le même scooter, voire même des personnes âgées se déplaçant à scooter muni de roues stabilisatrices.

Niveau de vie en progression

Le PIB de Taïwan est en progression et même s’il a été au plus bas en 2001, il est 14 fois supérieur à celui de la Chine dont Taïwan dépend du point de vue politique.

Du coup, certaines fabrications au niveau national qui se faisaient à Taïwan ont pris inexorablement le chemin de la Chine et du Vietnam où le niveau de vie est inférieur. Kymco n’échappe pas à cette règle et se tourne aussi vers la Chine pour produire des pièces scooters moins chères.

Marché local qui se cherche

Mais le scooter est en perte de vitesse. Le parc constitué d’un million de véhicules il y a dix ans, est maintenant de 750 000. Le niveau de vie progressant, la population est à la recherche de véhicules valorisants que la production locale n’est pas en mesure de satisfaire. Certains se tournent vers les scooters de cylindrée plus importante et customisent complètement leurs véhicules quand d’autres se tournent vers l’automobile. C’est Kymco qui domine les débats du parc Taïwanais depuis les années 2000, suivi de Sym et YMT (Yamaha Motor Taïwan).

Marché export concurrencé

La Chine est le premier partenaire économique de Taïwan et le Japon le second. Mais avec ce dernier, les importations l’emportent largement sur les exportations.

Pays Export Import
Chine 39.59 MdsUSD 20.13 MdsUSD
USA 26.39 MdsUSD 18.39 MdsUSD
Europe 21.77 MdsUSD 17.51MdsUSD
Japon 12.71 MdsUSD 38.58MdsUSD

Parmi les exportations de scooters, à peu près 500 000 unités par an, Kymco et Sym représentent près de 80% du total. Mais ce volume est lui aussi en baisse. La Chine concurrence maintenant Taïwan sur son propre terrain de constructeur scooters à bas prix, voir notre article " Scooters chinois : faut-il succomber au prix". Kymco et Sym connaissent un sursis. Ils disposent d’un réseau de distribution quand celui des constructeurs chinois est encore embryonnaire, voire inexistant. Mais des marques comme Keeway arrivent et s’installent !

En France, Kymco est le premier constructeur Taïwanais historiquement et au niveau part de marché. Sym venu après grignote des parts grâce à une gamme plus large avec un très bon rapport qualité/prix.

Innover et monter en gamme pour durer

Kymco est représentatif du dilemme que vivent les autres constructeurs de l’île. Tiraillés entre leurs marchés historique et géographique qui tirent le scooter vers le bas, Kymco se doit d’aborder d’autres marchés, notamment l’Europe et les USA, en montant en gamme, et aborder une autre culture du scooter.

Marchés géographiques tout d’abord car son principal partenaire est pour le moment la Chine qui vient concurrencer Taïwan maintenant sur le terrain des scooters premiers prix. L’élève a fini par dépasser le maître

Marchés produits enfin. Les scooters représentant 60% de son activité, Kymco essaie de se renouveler à travers les quads, 20%, et les motos, 20%, pour sortir de cette monoculture scooter. Mais dans le même temps, son offre scooter tarde à s’étoffer et à monter en gamme, laissant le champ libre à la Chine. Pour conquérir le marché Européen, Kymco doit hisser sa gamme scooter au même niveau que les fabricants Européens et Japonais et multiplier les modèles.

Le modèle Xciting illustre la volonté de Kymco de fabriquer le cocktail répondant à cette équation mais les ingrédients utilisés -carburateur à sa sortie, vitesse de 250cc pour le 500cc,...- manquaient de saveur.

Avec le Myroad 700i, Kymco semble avoir trouvé la recette pour s’installer dans le segment des maxiscooters et se réveiller en fanfare. Sans la gueule de bois.

En savoir plus
Wikipedia
La mission économique de Taïwan

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