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Gilera Fuoco 500cc : bilan de 3 ans et 55.000 km au compteur

jeudi 21 mars 2013 , par Christian

Le Gilera Fuoco 500cc à l’épreuve du temps et du kilométrage. Après trois ans et 55.000 km, il est temps de faire le bilan de son utilisation presque quotidienne.

Présentation

Je suis sur Paris et je fais principalement des axes rapides et autoroutes, tous les jours 34km dont 30 sur autoroute pour aller travailler. Et quelques sorties pour voir du paysage, rencontrer des amis, des gens.

J’ai acheté mon Gilera Fuoco 500cc en juin 2008. Il avait alors 1.889km et presque un an d’existence. Le précédent propriétaire l’avait acheté sur un coup de cœur et ne l’utilisait pratiquement pas.

Personnalisation

J’ai fait installer un pare-brise Gilera, qui n’est pas le plus beau esthétiquement mais il est efficace, pour se protéger du vent et des intempéries, et un top case de grosse capacité, un Shad de 48 litres. Il compense largement le coffre sous selle qui ne contient pas grand-chose.

Cette taille de top-case et le pare-brise Gilera ont toutefois un revers. La prise au vent est importante. Mais quitte à choisir, j’ai privilégié la protection et l’emport.

Le précédent propriétaire l’avait équipé d’une alarme TechnoGlobe et d’un tablier. Au final, le Gilera Fuoco 500cc m’aura coûté 6.493€.

Les raisons du choix

Les raisons du choix Fuoco se sont imposées presque d’elles-mêmes. Je connaissais le moteur car je sortais d’un Piaggio. Cette fois, sur le Fuoco, le moteur a un double allumage qui lui permet de réagir presque comme un bi-cylindres. Le « presque » a son importance.

Le Gilera Fuoco 500cc avec ses trois roues étaient également un gage de stabilité et de non-chute. Ce n’était pas une condition indispensable dans le choix d’un nouveau scooter mais l’idée conduire un deux roues à trois roues me plaisait bien. En 2008, la vague des LT n’avait pas encore frappé.

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Gilera Fuoco Gauche

Et ce look de baroudeur tranchait avec les designs consensuels des autres scooters. Le bruit à l’échappement me plaisait bien et le roll-lock qui permet de le manipuler facilement à l’arrêt a fini de me convaincre.

Premiers contacts

Les premiers contacts ont été consacrés aux essais : avec ou sans pare-brise, avec ou sans top-case, histoire de comprendre ce que chacun des éléments apportait ou au contraire enlevait.

Par exemple, sans pare-brise, la direction est plus légère qu’avec. Quand je parle de légèreté de la direction, c’est une façon de parler. La direction du Fuoco 500cc est de toute façon lourde. A l’arrêt, elle se rapproche de celle d’un quad mais l’avantage est que le scooter tient sur ses roues quand le roll-lock est enclenché. Avec le pare-brise et en roulant à vitesse élevée, la pression du vent sur celui-ci vient encore peser sur la direction. Mais au moins, la pression ne pèse pas sur les bras du conducteur.

Sans top-case, le Gilera Fuoco 500cc est relativement peu sensible au vent et à l’écoulement aérodynamique de sa grosse face avant. Avec top-case, et surtout avec le 48 litres, le train arrière devient très sensible et il m’est arrivé plusieurs fois d’avoir le train arrière qui ne suivait pas la route fixée par le train avant.

Cela fait beaucoup de contraintes, sur l’avant, sur l’arrière, mais c’est la contrepartie du confort et de l’emport.

2008 : 8.364 km, 343 litres

Le kilométrage indiqué est celui figurant au compteur et le nombre de litres est celui de l’essence consommée en cumul. Pas celle de la consommation du conducteur !

Rectification faite du kilométrage initial de 1.889km, la distance parcourue est donc de 6.475km.

Distance parcourue : 6.475km
Consommation période : 343 litres
Consommation moyenne : 5.304 l/100.

La vidange intermédiaire a été faite à 5.000 km et un changement de pneu, un Diablo à 117€, pose comprise, est intervenu à 8.100km en décembre 2008. Le total des entretiens de cette première demi-année est de 274€.

Entre l’entretien, 274€,et la consommation d’essence, 464€, le total des dépenses est de 737€, soit un prix hors assurance et amortissement du véhicule, de 0.1138 au km. Ce qui est très raisonnable.

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Gilera Fuoco Droite

2009 : 22.243 km, 1.094 litres

Rectifié, le kilométrage parcouru dans la période est de 11.990 km.

Distance parcourue : 11.990km
Consommation période : 751 litres
Consommation moyenne : 6.263 l/100.

La consommation a augmenté d’un peu moins d’un litre au cent. Avec deux extrêmes. La plus faible consommation est de 2.718 l/100. J’ai ainsi parcouru 347 km et refait le plein avec 10.72 litres. Sachant que le réservoir du Fuoco 500cc en contient 12 litres.

La plus forte consommation est de 9.73 l/100. Le moteur tournait à pleine charge à ce moment-là.

Durant ces près de 12.000km, plusieurs interventions autres que les vidanges sont à signaler :

  • Courroie, 158€ à 10.000km
  • Rouleaux, 19€
  • Pneu arrière, 65€, à 15.514 km
  • Plaquettes avant, 53€
  • Pneus avant, 106€, à 19.890 km.

Entre l’entretien, 1.392€, et la consommation d’essence, 1.000€, le total des dépenses est de 2.392€, soit un prix hors assurance et amortissement du véhicule, de 0.1995 au km.

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Gilera Fuoco Arrière

2010 : 39.155 km, 1.978 litres

Durant l’année 2010, ma consommation moyenne a un peu baissé, -0.379 litre au 100.

Distance parcourue : 15.023km
Consommation période : 884 litres
Consommation moyenne : 5.884 l/100.

Consommation la plus basse : 2.591 l/100. La plus forte : 7.127 l/100.

Plusieurs grosses interventions sont venues alourdir le budget 2010 :

  • deux courroies, pour un total de 321€, une après 14.000km et une autre après 9.400km
  • deux pneus arrière, pour un total de 181€, un après 8.900km, l’autre après 9.400km
  • un nouveau train de pneu avant, pour 106€, après 14.000km
  • les roulements de direction, pour 133€, à 33.936km.

Entre l’entretien, 2.451€, et la consommation d’essence, 1.219€, le total des dépenses est de 3.670€, soit un prix hors assurance et amortissement du véhicule, de 0.2443 au km.

Les dépenses commencent à se faire lourdement sentir. J’avais signalé au concessionnaire que le moteur, à chaud, prenait des tours et que le ralenti au lieu de se stabiliser à 1.500tr/mn montait jusqu’à 2.000tr/mn. Jusque là, un petit coup de gaz lui permettait de redescendre, mais cela n’avait plus d’effet. Selon le concessionnaire, une mise à jour de la cartographie devrait tout arranger.

En fait, cela a été pire. Le moteur calait tout le temps, ne tenait plus le ralenti, s’étouffait à l’accélération. Le concessionnaire a gardé ainsi le Fuoco tout le mois de décembre 2010. Heureusement que j’avais un scooter de prêt.

2011 : 54.920 km, 2.838 litres

C’est donc début janvier que je récupère mon Gilera Fuoco 500cc. Mes soucis de calage et d’étouffement moteur ne sont toujours pas réglés mais j’ai décidé d’aller voir un autre concessionnaire.

Après lui avoir expliqué ce qui avait été fait, ce concessionnaire refait… une nouvelle mise à jour cartographie. Cela n’a évidemment rien changé à mes soucis moteur mais a alourdi le coût général de 250€.

Durant cette période, ma consommation moyenne ne descendait pas non plus sous les 5.5 l/100.

Il me faudra attendre le mois de mai et le passage entre les mains d’Alix Motos, un réglage de soupapes pour que mon Gilera Fuoco 500cc refonctionne normalement, à 44.843 km.

Distance parcourue : 13.876km
Consommation période : 859 litres
Consommation moyenne : 6.190 l/100.

Malgré tous les talents de Thierry, le temps a commencé son travail de dégradation sur le Fuoco. La béquille centrale que j’utilise systématiquement au lieu du roll-lock, avec le poids et les contraintes commence à donner des signes de faiblesse. L’ergot qui sert à prendre appui est fissuré et va finir par se détacher. J’utilise donc le roll-lock en lieu et place de la béquille.

La vis de vidange qui a subi des serrages trop importants lors des précédents entretiens commence à ne plus avoir de pas de vis. Il faut envisager la solution de la bloquer ainsi et de procéder aux vidanges par aspiration.

Sur la fin 2010, je devais ajouter de l’huile à intervalles de plus en plus fréquents et sur 2011, entre deux vidanges, il m’est arrivé de devoir ajouter jusqu’à un litre d’huile. Mais la fumée du pot n’était pas blanche, je n’avais pas de fuite sous le Fuoco... Je ne comprenais pas du tout où passait toute cette huile que je rajoutais.

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Gilera Fuoco Train arrière

C’est Thierry qui m’en a donné l’explication. L’huile s’échappait dans le filtre à huile. C’est dû à un souci de segmentation.

Les interventions sur le Fuoco devenaient de plus en plus chères mais cela ne faisait que retarder la date fatidique de la séparation. J’ai, en plus de l’entretien pour maintenir les éléments mécaniques à peu près en état de marche, procédé au remplacement de :

  • deux courroies, pour un total de 230€, une avec 9.438 km et la dernière avec 6.015 km, suite à une casse
  • deux pneus arrière, pour un total de 171€, un avec 10.900 km et le dernier avec seulement 4.555 km mais beaucoup de routes de montagne
  • un nouveau train de pneu avant, pour 138€, après 10.900km
  • les plaquettes Av et Ar, pour un total de 74€ et après 33.884km

Entre l’entretien, 2.240€, et la consommation d’essence, 1.262€, le total des dépenses est de 3.502€, soit un prix hors assurance et amortissement du véhicule, de 0.2524 au km.

Conclusion

Financier

Le prix au kilomètre du Fuoco est relativement élevé. Hors assurance et hors coût du scooter, il m’est revenu à l’usage à 0.1942€ au kilomètre.

Total entretien : 6.357€
Total consommation essence : 3.946€
Coût au kilomètre : 0.194274€.

Le passage des 30.000km a marqué le début de la fin. Ce passage a été effectué en juillet 2010. A partir de cette date et jusqu’à la date de vente de mon Fuoco, le total des dépenses d’entretien est de 3.900€ sur un total de 6.357€. Cela représente 61% du budget entretien.

Le prix du kilomètre de 0.194274€ est lissé grâce aux premières années, sinon, il serait proche des 0.25€ du kilomètre.

Conduite

Train avant - arrière

Au niveau conduite, le bilan est mitigé. Si le train avant est extraordinaire de stabilité et de guidage, le train arrière n’est qu’un "simple" train de scooter. Le train avant a tendance à gommer les sensations. Du coup, il y a un décalage de ressenti, de sensation entre l’avant et l’arrière. Ce dernier manque de rigueur, de rigidité par rapport à l’avant. C’est sur route dégradée ou en conduite sportive que ce décalage est le plus flagrant. Il faut faire attention. L’avant donne l’impression de suivre la courbe quoiqu’il arrive alors que l’arrière semble toujours prêt à partir en dérobade.

Freinage

Au niveau du freinage, Piaggio n’a pas revu à la hausse la taille des disques, par rapport à des cylindrées plus petites. Avec un poids plus important que celui d’un 125cc, une vitesse supérieure, les disques sont à la peine pour freiner convenablement le Fuoco. Il ralentit, fort, mais ne freine pas, comme d’autres scooters le font. De plus, lors de phases de freinages appuyés et prolongés, quand tout le système est bien chaud, la sensation à la poignée est un effet de glaçage. Ca m’est arrivé en montagne, en descente. Pas très agréable mais ça calme ! Et le frein arrière a une fâcheuse tendance à bloquer.

Réservoir

La petite taille du réservoir, 12 litres dont 2 de réserve, et avec la consommation moyenne de 5-6 litres au 100 km fait que vous faites souvent le plein. Il faut se consoler en se disant que l’accès à la trappe est aisé. Il faut cependant faire attention : l’évacuation du trop plein est en dessous du niveau que vous pouvez voir. Il ne faut donc pas chercher à remplir le réservoir à ras-bord.

Progressivité accélération

Enfin, dernier motif de grief, l’accélérateur ou l’embrayage, au choix. Ils ne sont pas assez progressifs et la puissance à la roue arrière a tendance à arriver vite et fort. Si sur le sec, cela ne pose aucun souci, sur de la neige ou du verglas, il est pratiquement impossible de démarrer en « douceur ». Heureusement, le train avant du Fuoco le maintient droit.

A refaire ?

Après ces 55.000km et ces plus de 10.000€ dépensés en entretien, sans compter l’assurance et le coût du scooter, si vous me posez la question de savoir si je reprendrai un Fuoco, je pense que la réponse serait non.

Ce n’est pas le train avant, ni les qualité intrinsèques du scooter qui sont en cause. C’est que l’ensemble n’est pas fiabilisé. Avec le temps, tout se dégrade trop vite et l’entretien, l’utilisation du Fuoco demandent de mettre la main à la poche.

Pourtant, le principe et l’idée du Gilera Fuoco 500cc avec sa ligne sont superbes. Mais on ne roule pas que sur et pour des idées.

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